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N° 18

Ali

Benmakhlouf

RELIRE AUJOURD’HUI

LES PHILOSOPHES ARABES

Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l’université de Paris-Est, retrace ici le sens de l’engagement des philosophes arabes dans la recherche de la vérité.

 

Lire les philosophes arabes médiévaux avec l’œil de la philosophie contemporaine pour y trouver des affinités de méthode et de doctrine : tel est le parti pris de ce livre.

Lire ces philosophes arabes, c’est aussi les inscrire dans la tradition et le patrimoine de l’humanité, car ils ont su ménager des accès multiples à la vérité où religion et philosophie sont pensées de manière conjointe. Leurs travaux dans de nombreux domaines, comme la médecine, la logique ou l’histoire continuent de nous interpeller comme ils ont contribué à la formation de la pensée européenne.

Le médiéval rejoint alors le contemporain dans cette riche histoire qui est celle de l’humain et de l'intellect.

L’éditeur

 

 

 

 

Antidote

« Pas un homme, dans l’effort de sa recherche, n’a pu atteindre le vrai autant que le vrai l’exige… »,écrivait au IXe siècle Al-Kindî, l’un des premiers lecteurs arabes d’Aristote. Selon Ali Benmakhlouf, l’enga­gement en faveur de la vérité et la conscience de ne la détenir que partiellement est la dimension où les philosophes arabes se situent. Averroès tire des philosophes grecs une pensée non subjective, un intellect impersonnel, global et ultime, dont chaque intelligence séparée procède et auquel elle aspire. Comme Avicenne et Avempace, il élabore une pensée qui dialogue avec l’héritage grec et en adopte le nom en arabe : falsafa. Non sans conflits, cette pensée se sépare de la théologie islamique mais conserve une relation au Coran comme code général de l’univers et des conduites humaines. Plutôt qu’à la refonte totale d’un système explicatif, le cheminement arabe aboutit ainsi à une série de« modes de connaissances »,– la philosophie, la médecine, le droit… – distincts dans leurs objets et leurs méthodes mais tous tributaires de la logique. Paradoxalement, une proximité maintenue avec le texte religieux favorise une pensée des modes et des accès séparés, égaux en dignité, à une vérité qui ne se dévoile jamais absolument. Un antidote lointain et précieux à toute forme de fanatisme.

Philippe Garnier (revue Philosophie Magazine)